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Problèmes constitutionnels aux premiers temps de l’islam

A la mort du prophète, les compagnons prétendant au pouvoir étaient répartis en trois groupes:

1. les ansars, particulièrement le groupe de Khazraj, ils se basaient sur le fait que Medine est leur pays, qu’ils avaient aidé le Prophète corps et âme tandis que les Muhajirounes n’étaient que de simples réfugiés venus chercher asile, ainsi le califat leur revenait de droit

2. Les Banu Hashim, proche parents du Prophète, qui croyaient en la loi naturelle de l’héritage et voulaient que cette loi fut appliquée au califat puisque Allah avait honoré cette famille des Banu Hashim en choisissant son Messager parmi eux, leur représentant était Al Abbas

3. Les anciens de La Mecque qui avaient embrassé l’Islam avant tous les autres et étaient donc les plus méritants au califat vu que le prophète en avait nommé 10 parmi eux promis au Paradis

Le Prophète avait 63 ans, il n’avait aucun fils et sa santé se détériorait.

Il décida d’aller faire le pèlerinage et exhorta les musulmans à participer, réunis à Arafat, tous attendaient ses directives quant à la succession du pouvoir mais il n’en parla pas directement, il donna plutôt les directives structurelles de la politique de l’islam afin de préparer les masses à abandonner la mentalité païenne et s’imprégner de l’idéologie islamique.

Ce discours fut révolutionnaire puisqu’il enseigna que l’arabe n’est pas supérieur au non arabe, qu’il faut obéir à l’autorité même d’un « noir », que les humains sont égaux et ne se distinguent que par la piété.

Son discours d’adieu fixa donc les bases pour la structure politique à savoir:

⁃ définition des droits de l’homme en matière de personne, de propriété et d’honneur

⁃ Honnêteté dans les transactions

⁃ Abolition de l’usure dans les prêts

⁃ Guerre intestine déclarée comme relevant de la mécréance

⁃ Institution des mois lunaires

⁃ Définition des droits et devoirs des couples

⁃ Abolition de la distinction des classes

⁃ Établissement d’une société où règne l’égalité entre les hommes, la supériorité n’étant pas pour les arabes mais pour les pieux

⁃ Obligation d’obéir à l’autorité légale

⁃ Rester attaché au Coran et à la sunna

Il aurait pu désigner quelqu’un comme héritier du pouvoir mais il préféra établir la structure du pouvoir politique, si il aurait désigné son héritier personne n’aurait pu par la suite changer de méthode de succession, la souplesse dans la loi politique aurait disparu, il indiqua plutôt que le Coran et la Sunna sont la loi des musulmans jusqu’à la fin des temps.

A l’aube de sa mort le prophète sortit à la mosquée et fit son dernier discours dans lequel il remercia les soldats musulmans pour leurs services envers l’islam, il annonça sa mort, indiqua que les ansars n’hériteront pas du pouvoir pour plusieurs raisons comme leurs divisions internes, il indiqua au calife de prendre soin d’eux, Il recommanda Abu Bakr, rappela l’égalité des musulmans et l’abolition des classes sociales, l’ordre de réclamer ses droits en cas de corruption ou d’abus de la part du chef et rappela pour finir l’importance de la religion comme directive et source de droit.

Il du interrompre son discours à cause de son épuisement.

L’état musulman n’était pas une autocratie car le Prophète consultait ses compagnons et lui comme eux se conformaient à la loi révélée, ce n’est pas non plus une démocratie dans la mesure où la décision finale et la souveraineté n’appartient pas au peuple mais à Dieu.

Dès lors il est préférable de ne pas utiliser de terminologie étrangère pour qualifier les conceptions constitutionnelles islamiques étant donné qu’en occident la spiritualité rentre dans les affaires de la religion uniquement alors qu’en islam la religion est indissociable des affaires politiques.

A sa mort les ansars se réunirent à Saqifah, Abu Bakr les y rejoints, ils lui firent part de leur revendication du pouvoir, il rétorqua que seul un Qoraysh pourrait être respecté en Arabie, ils proposèrent alors un compromis, un régime d’association avec un émir Ansar et un Qoraysh.

Mais les ansars eux même refusèrent cette idée proposée par certains d’entre eux.

Un homme des Ansars pris la parole et demanda aux Ansars de ne pas usurper le pouvoir aux Mecquois alors que le prophète a dit que le pouvoir revient aux Qoraysh.

Abu Bakr prit la parole et proposa Omar ou Abou Ubaydah.

Omar pris au dépourvu rétorqua c’est à Abou Bakr que vous devez prêter allégeance.

Un ansar donna alors l’exemple en lui prêtant allégeance.

Ali quant à lui était absent lors de cette assemblée car il était occupé à rassembler le Coran, Abou Bakr se rendit à son domicile pour lui faire part de la nouvelle.

Ali lui dit je ne suis pas contre toi mais je suis hérissé de n’avoir pas avoir participé à la consultation.

Abou Bakr lui expliqua le déroulement et les circonstances de cette allégeance.

Dans une version il est dit qu’il fit allégeance aussitôt dans une autre un peu plus tard, toujours est il qu’il fit l’allégeance.

Certains récalcitrants refusèrent l’allégeance, Abou Bakr ne leur tint jamais rigueur, ils ne perturbèrent pas l’ordre non plus bien au contraire ils collaborèrent avec le gouvernement et prirent part aux expéditions militaires.

Parmi les sagesses qu’Ali ne fut pas désigné calife après la mort du Prophète, le fait que si cela aurait été le cas une succession dynastique aurait été institué et alors les musulmans auraient été restreint dans leurs possibilités d’engagement politique.

Également le côté universel de l’appel à l’islam et sa souplesse au niveau législatif se serait mal accommodés d’une monarchie limitée à une seule et même famille comme seule forme de gouvernement jusqu’à la fin des temps.

Quand Abu Bakr fut sur le point de mourrir il demande à son secrétaire Othman de rédiger son testament sous sa dictée, au moment d’indiquer le nom du nouveau calife il perdit connaissance, Othman écrivit alors le nom de Omar, quand Abu Bakr reprit connaissance il approuva Othman, sa décision fut ensuite rendu public et tous lui firent allégeance.

Quand Omar fut blessé, il se rappela que le prophète avait désigné 10 compagnons comme étant promis au Paradis et 6 étaient encore vivant, il les désigna ainsi que son fils Abdulah pour choisir son successeur, ils délibèrent au sujet de Othman ou Ali, Abderahman Ibn Awf fut désigné pour trancher, Il interrogea les habitants de la ville, les marchands et les voyageurs de passage, ainsi que les jeunes et les femmes, la majorité choisit Othman.

L’allégeance lui fut donnée.

Ce n’est évidement pas une élection mais bien un nomination par Omar non directe mais indirecte par un conseil mis en place pour désigner son successeur.

Résumé  du livre Problèmes constitutionnels aux premiers temps de l’islam du professeur Muhammad Hamidullah par Thomas Sibille

https://albayyinah.fr/biographies-histoires/2132-problemes-constitutionnels-aux-premiers-temps-de-l-islam-muhammad-hamidullah.html

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